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9 lois en 15 ans et toujours moins de 10% de femmes présidentes de conseils départementaux.


A chaque élection, à chaque renouvellement local ou national, la question de la représentation des femmes est abordée. Les lois successives ont contraint les partis politiques à présenter des listes électorales paritaires et à respecter ce que prône l’article 1 de la Constitution : « l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ». Le nombre d’élues femmes est ainsi en hausse constante si bien que la parité est presque atteinte dans les conseils municipaux et départementaux avec 48% de femmes conseillères. Le mode de scrutin joue un rôle essentiel dans la plus grande représentativité des femmes en politique. 

Pour autant, les femmes restent trop souvent cantonnées à des fonctions archétypiques de la vision sociétale des femmes : l’éducation, la petite enfance, les affaires familiales et sociales.

Par ailleurs, les têtes de listes sont rarement féminines avec seulement 6 femmes maires sur les 41 villes de plus de 100 000 habitants et moins de 10% de femmes présidentes de conseils départementaux. La République En Marche, suivant l’élan donné par Emmanuel Macron et son appel à la candidature des femmes, a réussi à démontrer que l’élévation du nombre de députées est possible. Malheureusement, le nombre de femmes au Sénat reste encore très faible ; à se demander si la conception actuelle de la chambre des sages par les grands électeurs occulte le fait que la sagesse n’a pas de sexe et est avant tout un nom commun féminin. 


  • Quels sont alors les freins qui soutiennent ce plafond de verre ?

Pour se déculpabiliser, nous attaquons volontiers la réglementation et les modes de scrutin. Toutefois, l’arsenal législatif des 15 dernières années (9 lois en 15 ans) a permis de lever en droit les obstacles potentiels et une réelle réussite de ces dispositifs est à saluer (exemple du passage de 16 à 48% de conseillères départementales en 2015). Naturellement, le scrutin uninominal reste, le scrutin à la fois le plus apprécié des citoyens, et le moins favorable à la montée des femmes en politique (cf. Site de l’Assemblée Nationale et Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes). 

En étant plus sincères, il est évident que le manque de femmes dans notre appareil électif est lié à deux éléments essentiels : le pré-carré masculin et la difficulté des femmes à percevoir leurs propres talents.


La place des hommes dans les partis politiques est en effet prépondérante. Les partis politiques se sont fondés sur des modèles masculins de domination et de pouvoir. Ce dernier élément montre le nécessaire engagement politique des femmes dans les partis politiques avant même de prétendre à des mandats électoraux. Le développement des pratiques participatives et collaboratives ainsi que l’identification des personnes à potentiel sont de nature à bénéficier à un rôle accru des femmes. 

Enfin, les femmes ont intériorisé un grand nombre de barrières socio-psychologiques : manque de temps, difficulté à positionner son leadership, peur du jugement, manque de confiance dans ses propres compétences, réseau hypertrophié, codes masculins ancrés dans le système, etc. La liste est longue des blocages que la société impose aux femmes sans que celles-ci n’en aient pourtant conscience. 


  • La politique mais pas que…

Le difficile engagement féminin n’est pas exclusif à la politique et se retrouve dans le monde de l’entreprise et dans l’engagement associatif (cf. Statistiques INSEE). Serait-ce à dire alors que les femmes ne s’engagent dans aucune dimension de la vie professionnelle, sociale et familiale ? Pourtant non. Nous connaissons toutes et tous des femmes qui s’impliquent et qui militent dans leur vie quotidienne. Elles s’engagent, oui. Mais en dehors d’appareils dont les règles de fonctionnement sont trop souvent fondées sur l’influence et la domination. Pourtant, la société est prête à la montée en politique des femmes. En 2014, 70% des français disaient vouloir voir plus de maires femmes (cf. sondage IFOP pour Femmes Actuelles et RTL). 

Au lieu de penser que les choses sont figées, si on s’accordait le droit d’inventer un nouveau système politique où femmes et hommes auraient la même position dans la société, où femmes et hommes pourraient contribuer à égalité à la construction d’un nouveau modèle de société ? 

Et si pour une fois, on faisait confiance aux femmes car finalement, n’ont-elles pas autant à apporter à la politique que les hommes ? 

Il n’y a alors plus qu’à sauter dans la flaque, à se prendre tous par la main, femmes et hommes ! Les partis politiques doivent également jouer leur rôle : formation, promotion, sensibilisation. Des actions qui doivent être menées à bien pour qu’enfin le monde politique soit représentatif des citoyennes et citoyens. 



  • Osons Mesdames !

Osons nous investir en politique, Osons prendre des responsabilités, Osons nous faire confiance, Osons car nous en avons les capacités et les compétences, Osons dire oui à un monde qui prendra enfin en compte toutes les femmes et les hommes réunis, Osons dire non au rôle social auquel trop essaient de nous réduire. 

Et vous, Messieurs ! Poussez vos amies, vos filles, vos mères, vos compagnes, à oser, à ne plus avoir peur de s’engager, à oser dire leur opinion en public, à exprimer leurs besoins et leur vision de l’avenir car, notre société, nous la construisons ensemble. Si nous désirons que la société soit à notre image, nous ne pouvons plus continuer à exclure plus de 50 % de la population. Les femmes doivent apporter leur représentation du monde comme les autres : telle qu’elles la voient et la vivent. 

Enfin, Messieurs, soutenez ces femmes entreprenantes ou qui souhaitent le devenir. Donnez leurs vos encouragements, vos expériences, votre soutien. La coconstruction nous aide à grandir collectivement. La politique n’en sera que plus juste, ambitieuse et paritaire.

Tribune de Constance Lavayssière.

« Ici, c’est le rayon filles. Les jouets pour garçons, c’est là-bas » indique la vendeuse où les poupées laissent place aux jeux de construction. Ce court dialogue vous apparait anecdotique ? Et pourtant… Qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu’une petite fille n’a pas les capacités de construire cette caserne de pompiers ? Et un petit garçon de s’occuper d’un bébé ? Fut-il en plastique.

Loin de condamner les rêves de princesse des petites filles ou de super-héros des petits garçons : le jouet reflète à son insu, son époque et la société qui le crée. A ce titre, comment ne pas nous interroger sur le fonctionnement de notre démocratie et notre société ? Comment s’applique aujourd’hui la parité en France ? Quelles mesures pour nous assurer qu’elle soit définitivement « en marche » ? 

Du droit de vote et d’éligibilité des femmes à la parité.

29 avril 1945. Carte d’électrice en poche, les Françaises ont le droit, pour la première fois, d’aller voter et d’être élues (élections municipales). Alors qu’elles deviennent citoyennes à part entière, les femmes restent absentes aux bancs des Assemblées élues. 

08 juillet 1999. Notre Constitution est modifiée pour « favorise[r] l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ». 

23 juillet 2008. Une seconde révision constitutionnelle étend le principe de parité aux sphères professionnelles et sociales.

70 ans après : où en sommes-nous ?

D’après le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, la représentation entre les femmes et les hommes progresse dans les sphères politique, économique et sociale mais reste inégale. 

POLITIQUE - En 2016, la France se classe 60ème sur 191 pays classés par ordre décroissant du pourcentage de femmes dans la Chambre unique ou Chambre basse (Assemblée nationale en France) (source : Union interparlementaire, 1er juin 2016).

ECONOMIE - Au sein des plus grandes sociétés françaises cotées en bourse (CAC 40), la part des femmes, membres des conseils d’administration ou de surveillance, excède l’objectif de 20% fixé par la loi du 04 août 2014 (source : Ethics & Board – Post GA 2008 – 2015, 1er juin 2015). Néanmoins et à ce jour, aucune femme n’est Présidente Directrice Générale (PDG) de l’une des 40 entreprises du CAC 40.

Quant aux bureaux des associations, 60% des femmes exercent une fonction de secrétaire à l’inverse de celle de présidente pour laquelle elles représentent 34% (source : Enquête CNRS – Centre d’économie de la Sorbonne « Le paysage associatif français » 2011-2012). 
Force est de constater que les lois précitées favorisent l’application de la parité mais les stéréotypes tels que le cantonnement de la femme aux rôles traditionnels (dès l’enfance), la discrimination et l’autocensure restent autant de dérives à combattre pour construire aujourd’hui la société égalitaire de demain. Conscient du chemin à parcourir, Emmanuel Macron inscrit cet objectif au cœur de son projet afin que la parité, en France, soit définitivement « en marche ».

Propositions d’Emmanuel Macron : une condition de l’émancipation, l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et l’accès aux opportunités économiques.


Le projet d’Emmanuel Macron s’articule autour de 3 principaux axes :

  1. L’égalité dans la sphère privée : permettre aux hommes et aux femmes de concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle avec la création d’un congé de maternité unique, garanti pour toutes les femmes, quel que soit leur statut, aligné sur le régime le plus avantageux.

  2. L’égalité dans la vie professionnelle : permettre aux femmes de vivre de leur travail en s’assurant du respect des lois existantes. Pour ce faire, des entreprises seront, sans les prévenir, aléatoirement auditées sur leurs pratiques salariales et leurs politiques de ressources humaines, et celles qui ne respecteront pas l’égalité verront leur nom rendu public (« name and shame »).

  3. La lutte contre le harcèlement et les violences faites aux femmes, notamment avec une campagne de sensibilisation, à l’échelle nationale, dès la première année du quinquennat. Une certitude, ces mesures nous permettront de promouvoir et accompagner la parité, une condition sine qua non de notre démocratie. Alors, au nom de la liberté, au nom de la justice, mettons-nous « en marche » vers la parité !

Tribune de Linda Diguet.

Quelle vision d’une France des territoires ?

Dans un monde traversé par des mutations majeures d’ordre sociétales, environnementales et économiques, la question de l’équité des territoires doit être centrale dans les visions présidentielles des candidats.

En effet, le numérique ou les défis environnementaux et la marche du monde vers la métropolisation nécessitent de prendre des positions fortes à destination du monde rural. Comment ne pas penser à 35 % de la population qui vit dans des territoires ruraux ? Comment ne pas entendre ces territoires qui aspirent à révéler leurs atouts et qui s’inquiètent de leur démographie, de leur économie, de leurs équilibres sociaux ? Alors que certains candidats attisent l’idée d’une France rurale abandonnée et en perdition, il est urgent de reconstruire un devenir partagé entre les différents territoires, entre la France urbaine et la France rurale.

Dans la campagne électorale, bien des candidats proposent des pansements plutôt que des changements. Peu se soucient du développement de ces territoires, comme s’ils étaient condamnés à subir la course d’un monde auquel ils n’appartiendraient plus.

Pour Emmanuel Macron, cette tendance « naturelle » n’est pas une fatalité. La politique d’aménagement du territoire ne peut pas se limiter à des transferts sociaux vers les territoires déclassés et à des politiques de promotion de l’égalité d’accès aux services publics dont on regrettera ensuite les progrès trop lents. Emmanuel Macron veut confier aux territoires un rôle actif dans la production de richesse. C’est pourquoi il souhaite lancer un plan d’investissement ambitieux sur les territoires à travers des contrats régionaux de la transition écologique pour la croissance verte, en remplacement des contrats de plan Etat-régions.

L’intuition est simple : les grandes métropoles qui ont pris des engagements forts (notamment lors de la COP21) en matière de durabilité auront besoin de leur « arrière » pour atteindre leur objectif. En pratique ces sont les territoires qui seront les opérateurs de la transition écologique et qui pourront fournir aux métropoles des services de durabilité qui concernent la production d’énergies renouvelables locales, la biodiversité, les nouvelles formes de mobilité, les biomatériaux, le développement des circuits courts et de l’économie circulaire dans les territoires. La transition écologique représente ainsi une formidable opportunité pour rééquilibrer la création de valeur et d’emplois entre territoires et métropoles.

Au total, il s’agit de 3,5 milliards d’euros d’investissements publics additionnels sur les territoires pendant le quinquennat auxquels s’agrégeront par effet de levier plus de 10 milliards d’euros privés. A ces fonds s’ajouteront 5 milliards d’euros pour le « Plan de Transformation Agricole » pour accompagner la montée en gamme de notre agriculture, et notamment des projets de modernisation des exploitations ayant un impact positif sur l’environnement ou le bien-être animal.

Au-delà des enjeux économiques, de nombreuses initiatives peuvent être menées, en capitalisant sur les plus innovantes qui existent déjà sur les territoires. Le pragmatisme d’un grand nombre d’élus est à souligner ! La mutualisation des services publics dans des lieux de vie, l’émergence de pôles de services ruraux, la construction de maisons de santé pluridisciplinaire qui permet d’attirer des praticiens dans des territoires reculés, l’installation d’équipements de tourisme…

Ces actions locales qui émergent et se développent, ce sont des élus locaux qui les portent. Si elles paraissent innovantes, elles sont surtout pragmatiques et répondent à un besoin. Beaucoup de ces élus sont souvent des citoyens de bonne volonté qui « acceptent » de se présenter sans étiquette pour le plus grand service des habitants de leur commune. L’action de ces élus doit nous guider, nous rappeler ce qu’est un mandat électoral : une responsabilité et une obligation morale envers des citoyens et des habitants.

Toutes ces initiatives locales doivent être appuyées et démultipliées. Ça doit être le rôle de l’Etat. C’est la détermination d’Emmanuel Macron qui souhaite donner à tous ces territoires la chance de se réaliser, de porter des projets novateurs.

Le renforcement de la décentralisation, la couverture de tous les territoires d’un débit internet adapté, le doublement du nombre de maisons de santé, l’appui des commerçants vont dans le sens de territoires libres de construire un véritable projet de territoire capable de libérer les énergies locales.

Renforcer la cohésion et la complémentarité des territoires de France doit être une constante des projets présidentiels. Certains candidats semblent penser que les territoires ruraux ne sont qu’une source d’électeurs. Ils se résignent à agiter le risque du grand déclassement de la France des Campagnes, ce qui fait le lit des extrêmes.

Emmanuel Macron renverse cette approche en considérant les territoires ruraux comme des atouts économiques, sociaux, écologiques et culturels ; des terres d’opportunités pour réussir la transition écologique et de valorisation de la diversité de la France.

Baptiste Perrissin Fabert et Adrien Lavayssière

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